Avoir une relation sexuelle virtuelle, est-ce tromper son conjoint ?

Publié le par cogitophilos

Avoir une relation sexuelle virtuelle,

est-ce tromper son conjoint ?


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On définit l'utilisation de la sexualité de manière compulsive par le mot «luxure». Cette maladie peut prendre plusieurs formes, entre autres, sessions répétitives de masturbation dans une seule journée, désir constant d'accomplir le coït, visites répétitives dans des saunas et des cinémas XXX, peep show, recours aux services de prostitués, de sexe masculin ou féminin, massages érotiques, visionnage constant de films érotiques accompagné de masturbation, pornographie sur Internet, Webcam, masturbations répétitives, en plus de coïts réguliers, etc. La luxure peut aussi être appariée à des troubles psychosexuels, tels que l'exhibitionnisme ou le voyeurisme, accompagné de la masturbation, le sadomasochisme sexuel (BDSM, Bondage, Discipline, Sado-Maso), etc.

La sexualité actualisée dans Internet (le cybersexe) a fait ressortir une problématique jusqu’à maintenant fort méconnue. Ce sont les comportements obsessionnels-compulsifs reliés à la sexualité, et j’ai nommé le sexe compulsif ou l’hypersexualité. Souvent, une personne peut devenir obsédée par la sexualité parce que ses besoins ne sont pas comblés. La réalité est que j’ai surtout traité des hommes pour cette problématique : 9 « sexoliques » sur 10 sont des hommes.

Le cybersexe peut-il faire passer d’une activité récréative à une activité maladive ? 
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Bien des vies personnelles et professionnelles ont été détruites à cause du cybersexe. Comme dans les autres catégories de dépendances, les personnes susceptibles « d’accrocher » au cybersexe sont autant des chefs d’entreprises que des travailleurs du bâtiment. L’âge, le statut social ou le niveau de scolarité n’ont pas de véritable importance. Cette catégorie d’utilisateurs regroupe toutes les classes sociales.

Pourquoi un tel intérêt à propos du sexe sur Internet ?
 

 

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Pour son accessibilité, son anonymat et pour la variété de son contenu. Dans certains cas, c’est gratuit, dans d’autres, il faut débourser un montant d’argent, souvent en dollars américains, afin d’avoir accès à l’ensemble d’un site pornographique. Il est nécessaire d’avoir un mot de passe pour consulter certains sites. Qu’importe ? On déboursera si cela en vaut le coût et le coup. Plusieurs autres échangent régulièrement dans des forums de discussion strictement axés sur le sexe (MSN Messenger, par exemple) et réservés à une clientèle de 18 ans et plus.

La pornographie est surtout l’affaire des hommes. Plusieurs conjointes m’ont contacté, paniquées ou dévastées par la découverte de vidéos pornographiques cachées dans la maison ou de sites pornographiques visités par leurs maris. Le Net offre la possibilité de laisser libre cours à des dépendances, à une perversité ou à des troubles du comportement sexuel.
 

Avoir une relation sexuelle virtuelle, est-ce tromper son conjoint ?
 

 

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La réponse dépend de chaque individu. Certaines personnes croient que tromper sa partenaire, c’est avoir une relation sexuelle complète dans la vraie vie. On peut tromper un conjoint de deux manières : physiquement (lors d’une aventure, d’une rencontre-passion) ou au niveau du cœur (dans une relation amoureuse extraconjugale, incluant ou non une sexualité). Être fidèle, c’est se réserver pour l’autre. Être infidèle, c’est donner à une tierce personne ce que l’on avait promis à son partenaire.

À mon avis, être en couple et être en même temps centré sur une personne virtuelle, investir émotionnellement et affectivement, c’est tromper l’autre. Il est important de souligner que les dommages psychologiques peuvent être aussi puissants, qu’ils résultent du virtuel ou de la réalité. Une peine d’amour génère autant de souffrance, qu’elle soit causée par un groupe de discussion, du courrier électronique ou de la réalité.

Je ne crois pas que ceux qui réalisent leurs fantasmes sur Internet soient moins susceptibles de passer à l’acte dans la réalité. Internet serait surtout une partie de la panoplie de moyens, de styles de vie, de tactiques utilisées pour s’adonner à la dépendance sexuelle, au sexolisme ou à une simple activité sexuelle.

La souffrance clinique ressentie, lors de comportements obsessionnels-compulsifs reliés à la sexualité, est souvent vécue de façon dramatique chez chaque sexolique.

D’abord, il se sent inadéquat dans sa sexualité. Il est souvent victime de diverses paraphilies. Ses pensées obsessionnelles et son comportement sont généralement générateurs de souffrance pour lui et pour autrui. Il existe plusieurs degrés de compulsion sexuelle. Les conséquences, sur la vie personnelle, familiale et professionnelle, peuvent être importantes. Les conséquences psychologiques sont souvent en rapport avec une faible estime de soi et des fluctuations d’humeur pouvant aller jusqu’à la dépression et à des penchants suicidaires.

De plus, comme pour les autres dépendances, l’inévitable cycle de l’assuétude, de la dépendance apparaissent, c’est-à-dire des préoccupations à propos de l’acte sexuel, le style de vie et le rituel qui enclenchent le comportement sexuel compulsif, de sorte que les sentiments de perte de contrôle, de culpabilité et de remords se précisent. Souvent le seul moyen de remédier à cette détresse est d’aller diminuer les tensions… dans un autre acte de compulsion sexuelle. Et le cercle devient vicieux, insidieux. C’est le cycle de l’assuétude.

 

JEAN_PIERRE ROCHON

( specialiste et psychologue de la depedance au net)

Publié dans trottoirchat

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